Les historiens ont réévalué le chiffre à 1,1 million de morts, dont 95 % de Juifs. Le 22 août 1939, Hitler expose à ses plus proches fidèles pourquoi il faut écraser la Pologne. Son interrogatoire surprit la presse et l'ensemble du tribunal : jusqu'ici, tous les accusés avaient suivi les pas de Göring sans remettre en question le régime et Hitler. Parmi ces procès, les douze qui se déroulèrent dans la zone d’occupation américaine sont appelés parfois « procès successeurs » : Toujours dans la zone d'occupation américaine, se tint le tribunal militaire de Dachau, qui jugea les criminels de guerre mineurs comme Nuremberg l'avait fait pour les criminels majeurs. Tout d’abord, sont exonérés tous ceux qui n’ont plus rempli leurs fonctions auprès des organisations à partir du 1er septembre 1939, avant le début de la guerre. En dehors de l’affidavit, l’avocat n’a rien : pour lui, les deux copies existantes du pacte sont à Moscou. Parce que l'on a refusé aux défenseurs le droit de se plaindre de la sélection des juges, certains estiment que le tribunal n'était pas impartial. /Order [] >> D’après les estimations à la fois d’Eichmann et de Wisliceny, quatre à cinq millions de Juifs ont été exterminés grâce au travail d’organisation d’Eichmann[100]. %���� Le premier fut commandant en chef de la Kriegsmarine jusqu’en 1943 ; le second, avant de lui succéder, fut le grand ordonnateur de la guerre sous-marine allemande. Les pressions de Hitler et des nazis autrichiens sur le président autrichien, Wilhelm Miklas, et son chancelier, Kurt von Schuschnigg, doivent conduire à la nomination au poste de chancelier de Seyss-Inquart. Seul le génocide juif semble rassembler ces conditions, notamment au sujet des rafles de la maison d’Izieu (cité au procès par Edgar Faure) et de la maison de l’UGIF. Ceux-ci éclatent de rire à l’écoute de leur ancienne conversation[60]. Confronté à l'insistance de l'un de ses diplomates, George Earle, qui le menace de publier un rapport établissant la culpabilité soviétique, Roosevelt le fait muter aux. Encore une fois, Roudenko s’oppose à la mention de ce pacte : le témoin n’est qualifié que sur les questions de personnalité de l’accusé, et incompétent en politique étrangère. D’autre part, le tribunal émet les recommandations suivantes : que les lois de dénazification soient amendées afin de suivre la décision du tribunal, notamment en ce qui concerne les peines infligées, et que les peines soient unifiées sur les différentes zones d’occupation alliées[146]. Ils sont également partisans de juger des organisations qui furent, selon eux, les principaux instruments du complot. Son exposé se fonde uniquement sur les documents allemands : il n’appellera à la barre aucune victime. Terminer une guerre en mettant en place un tribunal et en ouvrant une procédure judiciaire pour juger les dirigeants de la puissance belligérante vaincue est une manière de faire qui n'a pas de précédent dans l'histoire. Le tribunal prononce douze condamnations à mort, sept à des peines de prison et trois acquittements. Frank confie à Gilbert que c’est « le moment honteux de tout le procès. Pour l’exécution des peines, seul le Conseil de contrôle pour l’Allemagne pourra les exécuter, voire les modifier ou les réduire. Ils y seront jugés, suivant le pays, devant des tribunaux ordinaires (Norvège, Danemark, Yougoslavie), des tribunaux spéciaux (Tchécoslovaquie, tribunal national suprême de Pologne) ou militaires spéciaux (Italie, Grèce). Cette demande de punitions massives est causée par la découverte par l'opinion publique des camps de concentration : l'un des journalistes qui en effectuent la visite, John Pulitzer Jr, rédacteur en chef d’un journal américain, réclame la mort de plus d’un million de nazis. Ainsi, cette procédure permet de démontrer qu’une organisation est criminelle ; ensuite, dans le cas des individus, il ne reste plus qu’à prouver leur affiliation à cette organisation, qui ne suffit toutefois pas à elle seule à justifier une condamnation[27]. 5 0 obj À la fin du film, les accusés, qui se sont agités de différentes façons durant la projection, sont apparemment profondément choqués. Faure explique que le pouvoir, par son action législative, et la police, par son action exécutrice, ont contribué à séparer les Juifs du reste des populations, afin de les éliminer ensuite après avoir préparé psychologiquement les populations aux persécutions et à leur justesse. Les procureurs lui reprochaient d'avoir exploité la main d'œuvre pendant ses fonctions de ministre de l'armement et de la production de guerre. En revanche tous sont d’accord pour que la peine de Dönitz soit moins importante que celle de son prédécesseur, Raeder ; Raeder est condamné pour les trois premiers chefs d’accusation, alors que Dönitz a été acquitté pour l’accusation de complot. Ces critères indiquent les conditions que doivent satisfaire les expérimentations pratiquées sur l'être humain pour être considérées comme « acceptables »2. ». C'est une innovation pour l'époque, et elle permet à chaque participant d’entendre les débats dans sa langue : anglais, français, allemand, et russe. Aussi, les responsables militaires vont demander dans une circulaire du 26 avril 1945, l’arrestation des dignitaires du parti nazi depuis le grade d’Ortsgruppenleiter, (chef de groupe local), des membres de la Gestapo et du SD, de tous les officiers et sous-officiers de la Waffen-SS, des officiers d’état-major, des officiers de police depuis le grade d’Oberleutnant, des officiers SA, des ministres, hauts fonctionnaires et responsables territoriaux, depuis le rang de bourgmestre dans le Reich et commandants municipaux civils et militaires dans les territoires occupés, des nazis et sympathisants nazis de l’industrie et du commerce, des juges et procureurs des tribunaux spéciaux et des traîtres et des alliés des nazis[28]. Les minutes du procès Nuremberg, éditées en 22 volumes à Nuremberg en 1947 sous le titre « Procès des grands criminels de guerre devant le tribunal international », sont présentées en version numérique et téléchargeables au format PDF. Ses adjoints, dont Edgar Faure en tête, énumèrent ensuite, pendant une semaine, pillages et spoliations, dans lesquels Göring occupe une place toute particulière[67]. C’est à minuit moins vingt que les gardiens découvrent que Göring s’est suicidé au cyanure, apparemment uniquement à cause du mode d’exécution de la sentence. Les Dr Georg Böhm et Martin Löffer ont beaucoup moins de difficultés que leurs prédécesseurs : Hitler ayant dépossédé la SA de toute influence lors de la nuit des Longs Couteaux, ils n’ont plus qu’à démontrer, qu'après 1934, aucun membre de la SA n’a de responsabilité autre que dans des associations sportives et paramilitaires[119]. Le raisonnement de Faure réduit à néant l'argumentation de ceux qui, comme Göring, voudraient que le Führerstaat les ait dédouanés de toute responsabilité personnelle. Fritzsche et Papen sont également acquittés : malgré les responsabilités de ce dernier dans l’Anschluss, le fait que cette annexion ne soit pas considérée comme une guerre d’agression lui permet d’échapper à la condamnation[154]. Ils ont pour avocat Otto Kranzbühler, grand spécialiste du droit maritime. Interrogé sur le nombre de ses victimes, Ohlendorf estime que l’Einsatzgruppe D a fait, entre juin 1941 et juin 1942, 90 000 victimes, femmes et enfants compris[99]. Justice internationale ou vengeance des vainqueurs ? D’après eux, sa prise de position contre Hitler est une hypocrisie, et l’appel qu’il a lancé a causé nombre de défections, coûtant la vie à de nombreux civils[81]. Les réactions que relève le psychologue Gilbert sont assez surprenantes : Fritzsche parle de « changer de position au sujet de l’acte d’accusation », et donc de plaider coupable. Biddle et Donnedieu de Vabres demandent 20 ans, Lawrence et Nikitchenko la mort. Des peines de prison allant jusqu'à la perpétuité sont prononcées contre Karl Dönitz, Walther Funk, Rudolf Hess, Konstantin von Neurath, Erich Raeder, Baldur von Schirach et Albert Speer. Ce sont des militaires, comme Jodl et Keitel, mais ils bénéficient d’une plus grande sympathie que ces derniers de la part de leurs équivalents alliés[89]. À 9h45, dans le crépitement des flashs des 400 journalistes présents, vingt-et-un des plus hauts dirigeants nazis s’installent sur le banc des accusés. Les documents sont photocopiés par les documentalistes, puis rendus à la puissance à laquelle ils appartiennent ; une des copies sera considérée comme l’original au procès[47]. Emil Reuter, président de la chambre des députés du Luxembourg, est ainsi entendu sur la germanisation de son pays ; Léon van der Essen, professeur à l’université de Louvain décrit le même procédé en Belgique, ainsi que les massacres dans les Ardennes lors de la contre-offensive de décembre 1944[74]. /D << L’exécution est prévue la nuit du 16 octobre 1946, en présence de quatre généraux du Conseil de contrôle pour l’Allemagne, des représentants de la presse (deux par zone d’occupation), de médecins chargés de confirmer le décès, et de prêtres. Constant Quatre, substitut du procureur, termine l’exposé de l’accusation française, en mettant en cause Keitel et Jodl. Chaque puissance représentée dans les accords de Londres nomme un juge et un juge suppléant : Si les Soviétiques sont les seuls à revendiquer des titres militaires, Lawrence, en tant que représentant au Royaume-Uni de la justice du Roi, est le deuxième personnage du royaume. Pour Pokrovsky, seules les conclusions de la commission soviétique doivent être retenues et la culpabilité allemande est établie[86]. /Subtype /XML Le « code de Nuremberg » est un extrait du jugement pénal rendu les 19-20 août 1947 par le Tribunal militaire américain (agissant dans le cadre de dispositions internationales) dans le « procès … Peut-être pour casser cette hilarité inopportune, un film sur les camps de concentration, montage de documents filmés par les autorités anglaises et américaines sur l’ouverture des camps, est projeté. En matière de justice internationale, il n’y eut tout d’abord que deux procès montés devant des tribunaux internationaux : celui de La Haye pour les crimes commis en ex-Yougoslavie (TPIY), et celui d’Arusha pour ceux commis au Rwanda (TPIR). Il est en fait appelé par la défense, précisément Me Kauffmann, l’avocat de Kaltenburnner, qui veut dissocier son client de la solution finale. La plus grande partie d'entre eux n'est interrogée que pour confirmer les éléments cités dans les documents produits. Leurs subdivisions, les Einsatzkommandos, étaient affectées aux unités de chaque armée et chargées de l’élimination des Juifs et des commissaires politiques soviétiques. Mais le rôle d’Auschwitz dans le génocide ne sera mis en évidence que lors du témoignage de Rudolf Höss[j]. Enfin, l’état de nécessité justifierait (si besoin était) que le Tribunal soit obligé de violer cette règle généralement suivie[144]. Partie intégrante des accords, le statut pose les règles de fonctionnement du tribunal qui vont suivre une procédure de type anglo-saxonne. Fatalisme, consternation prédominent chez Göring, Ribbentrop, Kaltenbrunner, Keitel, Sauckel et Jodl. Le caractère à la fois rétroactif et ad hoc des définitions de crime de guerre et de crime contre l'humanité est un point de friction vis-à-vis des fondements du droit, qui posent comme principe la non-rétroactivité des lois pénales. Les Britanniques complètent ensuite cette première proposition en y ajoutant sept noms supplémentaires, dont celui d'Adolf Hitler, dont la mort n'est pas encore prouvée. Les acquittés, à leur sortie de la prison de Nuremberg quelques jours plus tard, seront arrêtés par la police allemande et jugés devant des tribunaux de dénazification. Le commandant en chef Keitel [...] se couvrit les yeux d'une main tremblante. Pourtant, Katyn disparaît simplement du jugement, ce qui constitue en quelque sorte l'aveu tacite de la culpabilité soviétique[88] ». La drôle de guerre, une occasion manquée, 66 III. Le Dr Thoma, avocat de Rosenberg, essaya même de défendre le point de vue doctrinal de son client, ignorant selon lui de l’extermination : le rendre responsable des persécutions serait « rendre Rousseau et Mirabeau responsables des atrocités commises plus tard par la Révolution française[113] ». Marie-Claude Vaillant-Couturier trouva que les débats étaient lents, « extrêmement tatillons pour des crimes indiscutables et une culpabilité des accusés qui ne l’étaient pas moins. Le 25 juin, c’est la délégation soviétique qui se présente : le général Iona Nikitchenko, connu pour son rôle dans les procès truqués de Moscou, et le professeur Aron Naumowitsch Trainin (de). Les crimes contre la paix sont « la direction, la préparation, le déclenchement ou la poursuite d’une guerre d’agression, ou d’une guerre de violation des traités, assurances ou accords internationaux, ou la participation à un plan concerté ou à un complot pour l’accomplissement de l’un quelconque des actes qui précèdent ». Tout d’abord, il lit les menaces que Seyss-Inquart est chargé de transmettre à Miklas le 11 mars 1938, qui ne débouchent sur aucun résultat, le président, malgré son acceptation de la démission de Schuschnigg, refusant de nommer Seyss-Inquart chancelier. Le 11 octobre 1946, les avocats sont informés que tous les recours en grâce sont rejetés. Jackson et Maxwell Fyfe ne sont pas disposés à juger ces mesures, affaires internes de l’Allemagne, à Nuremberg autrement qu’en les reliant au complot[21]. Autre question : comment exécuter les condamnés à mort ? Principes éthiques et politiques développés, Instrumentalisation du procès par la Russie en 2016 pour nier l'invasion de la Pologne par l'Union soviétique en 1939, « L'idée, mise en avant surtout en Angleterre, de le faire juger par des députés de tous les souverains d'Europe a quelque chose de séduisant ; ce serait le plus grand et le plus imposant des jugements qu'on eût jamais vus dans le monde ; on pourrait y développer les plus beaux principes du droit des gens…, et, de quelque façon que la chose tournât, ce serait un grand monument dans l'histoire », « Le procès que nous entamons contre les principaux inculpés a trait au plan de domination nazi, et non aux actes individuels de cruauté qui se sont produits hors de tout plan concerté. Pourtant, ces décisions ne donnèrent aucun résultat dans les faits. — Robert H. Jackson, vers juin 1945[176]. Le symbolisme du lieu, où ont été proclamées les lois antisémites de 1935 et où ont eu lieu les rassemblements du parti nazi n’est pas à l’origine du choix, même s'il a sans doute pu renforcer celui-ci[34]. À droite les huits juges qui composent le Tribunal, deux pour chaque nation alliée. Dieter Wisliceny, membre du SD depuis 1934 et proche d’Adolf Eichmann, explique comment ce dernier s’est occupé de la « question juive » pour le RSHA : émigration, concentration, extermination. En novembre 1947, une commission du droit international est créée par l’ONU. Peu de témoignages, en dehors des accusés, encore moins de la part des victimes. Il tente ensuite de contester les chiffres concernant le massacre des Juifs de Hongrie. Les juges décident de permettre à la défense de rechercher ses témoins dans les camps de prisonniers, et demandent à une commission d’examiner les témoignages recueillis.